Des études guidées par la théorie
La plupart des études comportementales sur le VIH/Sida utilisent des modèles intentionnels (comme celui dérivé de la Theory of Planned Behavior) pour tenter d'expliquer pourquoi les individus s'exposent aux risques d'infection par le VIH.
Dans un programme de recherche d'envergure conduit par IPSR et l'Université d'Utrecht en France et aux Pays-Bas, nous avons cependant montré que la proportion d'individus qui s'exposent délibérément aux risques durant les rapports sexuels était marginale, y compris parmi les homo- et bisexuels masculins. S'il arrive aux gays de prendre des risques, c'est épisodiquement et plutôt de façon non intentionnelle ou préméditée.

Les individus se retrouvent souvent dans des situations où l'opportunité de prendre des risques se présente et certains mécanismes et facteurs psychologiques favorisent le basculement des individus vers le risque : il s'agit notamment de l'ambivalence face au risque, du manque de préparation et de planification face au " safer sex ", et enfin du besoin de gérer via la sexualité certains besoins psychologique profonds comme la solitude ou la dépression. Ces résultats de recherche ont été largement médiatisés en France et à l'étranger. Ils ont permis de renouveler la compréhension de la prise de risques parmi les gays et ils offrent de nouvelles pistes pour la prévention.